sublum
connaissance


Histoire de vous surprendre

par Sublum



La vie de Paul était euh… comment dire, banale, terriblement banale. Paul passait sa vie assis à ne rien faire. Ses journées défilaient lentement et se ressemblaient toutes. Ses proches ont longtemps essayé de le distraire, mais c’était peine perdue. Rien ne l’intéressait et tout lui semblait banal, terriblement banal.

Un jour, Paul se mit à foncer comme un fou, sur une petite route de campagne, au volant de sa voiture. Il était fermement décidé à en finir. Quand il fut, face à face, avec un arbre dans un virage, un peu trop serré, la dernière pensée de Paul fut: «Mort écrasé contre un arbre lors d’un accident de la route. Voilà une mort, parfaitement banale, terriblement banale ». Après le violent choc frontal, deux petits anges blancs vinrent le chercher, aidés de leurs petites ailes «Ben voyons, quelle surprise!» se dit Paul. C’était des anges comme tous les autres petits anges après tout, des anges banals, terriblement banals.

Quand Paul se retrouva devant Dieu, et qu’il vit à quoi Dieu ressemblait, une pensée lui vint à l’esprit mais, il préféra ne rien dire… Comme il s’était toujours à peu près bien comporté, dans sa vie, ce qui est toujours plus facile quand on ne fait jamais rien, Paul eut le droit d’entrer au Paradis. «Le Paradis ou l’Enfer» soupira Paul, c’était banal, terriblement banal. D’ailleurs, il ne tarda pas à s’y ennuyer totalement. Aussi un jour, Paul eut une requête auprès de Dieu. Il voulait, pour une fois dans sa vie, voir quelque chose de vraiment nouveau, de vraiment original. Dieu eut l’air de réfléchir un court instant puis déclara d’un ton solennel: «Vois cette porte sur ta gauche. Quand tu l’ouvriras, tu verras. Plus tu auras attendu avant d’ouvrir, mieux ce sera». Puis Dieu se tut.

Si Paul avait appris quelque chose au cours de sa vie, c’était bien la patience. Aussi, quand après un temps infini, il décida d’ouvrir cette porte, Paul s’attendait à découvrir quelque chose de vraiment, vraiment nouveau. Sa tension monta en flèche, son estomac se noua légèrement. Il ouvrit la porte d’un seul coup. De l’autre côté de la porte se trouvait une femme. Une femme avec des vêtements de femme, des cheveux de femme, un corps de femme, bref, une femme quoi. Alors Paul dit: «C’est banal». Et la femme ajouta: «Terriblement banal».




Retour



© 2005-2008 sublum.com | Tous droits réservés | Plan du site | Contact