Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
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par Sublum



Elle m’avait demandé d’apporter des menottes. Les fantasmes de Darlène commençaient à la mener loin et je me laissais entraîner. Par amour ? Par faiblesse ? Il y a quinze jours, nous avions faillit frôler la catastrophe. Dans le journal local, un article avait parlé d’elle. Je l’avais lu et relu et il n’y avait pas eu de doute, c’était forcément elle : « Une jeune femme nue a été aperçue dans un cimetière… » Les dates correspondaient avec une de nos excursions que je savais risquées.

Où allais-je trouver des menottes ? Je me branchais sur Internet en espérant pouvoir en commander une paire sur un quelconque site obscur. Je déteste cette fascination pour les cimetières. Le lieu où repose les morts doit rester sacré. Non pas que je pense que l’au-delà viendra pour se venger mais il me semble que les familles des personnes enterrées là n’apprécieraient pas les bêtises nocturnes de Darlène.

Au bout de quelques clics, je parvins sur une page à la présentation morbide. Il y avait des squelettes sur les côtés avec des bougies sur la tête et des araignées autour. Au milieu, une ombre sans visage nous accueillait et un rire machiavélique retentit pendant quelques secondes. Je suppose qu’il fallait cliquer sur l’ombre mystérieuse. En tout cas, voilà une page qui plairait à Darlène.

On trouve de tout sur Internet, de nos jours. D’ailleurs j’y ai trouvé mes menottes et c’est même là que j’ai trouvé Darlène. Elle avait écrit un concentré de vie, un « blog » comme on dit, relatant les joies, les envies, ses peines. Un tel étalage ne pouvait que m’intriguer et me donner envie d’en savoir plus sur cette jeune femme dont les charmes étaient indéniables. Une photo d’elle, entièrement nue adossée à un mur, m’avait quelque peu troublé.
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Sur ce cliché, elle avait de longs cheveux noirs qui redescendaient en ondulant sur sa poitrine, un ras du cou noir et des chaussures. Je trouvais la photo terriblement artistique. L’ensemble avait un aspect ancien. Le mur était en vieilles pierres salies par le temps. Je ne me doutais pas que la photo avait été prise dans un cimetière. Darlène aurait pu être une sorcière prête à être brûlée vive, une fois capturée. Elle aurait pu être une arrière grand-mère, du temps où elle aurait été jeune et belle. Ce cocktail de sensations bizarres m’interpellait au plus haut point, sans pouvoir en définir les raisons.

Je reçus les menottes deux jours plus tard et fut prit de panique en découvrant un énorme retrait sur mon compte en banque. Puis, quelques heures plus tard, je me rappelai que le site Internet mystérieux n’en était pas la cause. J’attendais toujours qu’on me livre mon appareil photo dernier cri. L’argent avait déjà été encaissé. Secrètement, je voulais réaliser des photos de Darlène. Je ne lui en avais pas encore parlé. Je ne savais pas si elle accepterait de se dénuder devant moi.

Elle avait fait bien plus. Non seulement, elle s’était promenée nue, en simples chaussures dans des lieux éternellement figés par le temps mais elle avait adopté des postures provocantes et osées, exhibant ses charmes. Comme si elle n’était pas déjà assez belle et désirable d’ordinaire… Ensuite, elle avait déboutonné mon pantalon et m’avait masturbé jusqu’à me faire jouir, ma queue dressée en l’air, émerveillées par le balai des gouttelettes blanchâtres qui s’élançaient et retombaient s’écraser sur le sol après chacun de ses mouvements adroits.

Pourtant, je n’avais pas été très à l’aise car nous étions dans un cimetière situé derrière chez elle. J’avais éjaculé - je me demande bien comment - à trois mètres à peine de tombes dont une était celle d’une certaine Eléanor, morte il y a plusieurs dizaines d’années déjà mais dont la photo stricte et réprobatrice continuait de me regarder. J’avais serrée Darlène contre moi. Je voulais sentir sa nudité contre la mienne encore vigoureuse. Sa peau était douce et ses charmes apaisants. Son sexe était collé contre le mien, sans pudeur, et j’aimais cette sensation de contact avec une inconnue dont j’étais amoureux mais dont je ne savais pratiquement rien sinon qu’elle était belle.

Ma main glissa dans son dos jusqu’à atteindre la volupté interdite de ses fesses. Je les caressai délicatement, goûtant du bout des doigts leurs textures. Darlène s’accrocha à mon cou, se dressant sur la pointe des pieds. Je m’insinuai alors dans sa petite fleur brune qui céda rapidement tandis qu’elle écrasait sa poitrine contre mon torse en poussant de petits cris. Qu’est-ce qui avait poussé Darlène à se donner ainsi à moi ? Je ne le savais pas.

L’heure était venue de la rejoindre, dans un cimetière, encore une fois. J’attrapai les menottes et mon nouvel appareil photo. J’avais hâte de l’essayer en vrai. La nuit allait bientôt tomber. Est-ce que le flash intégré serait suffisant ? D’après le manuel, il semblait que oui. Sur les menottes, il y avait gravé des arabesques en forme de chauve-souris. Je ne sais pas ce que cela présageait. Néanmoins, elles étaient de bonnes factures, les ayant testé sur moi. Je tâtai le haut de ma cuisse et senti que la clé était toujours au fond de ma poche.

Darlène était déjà là et m’attendait lorsque je me garai sur les places de parking près du cimetière. Elle portait un long manteau. Quand je m’approchai d’elle pour l’embrasser, elle l’ouvrit. Elle était déjà nue en dessous, prête à s’exhiber. J’en eus des frissons dans le dos. Nos bouches se joignirent et ma main posséda son entrejambes qu’elle m’offrait sans retenue. Ensuite, nous pénétrâmes dans le cimetière qui était abandonné par endroit.
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A chaque détour, dans chaque allée, je m’attendais à ce que surgisse un vampire, une revenante ou bien le gardien. Avec ou sans hache, mieux valait ne tomber sur personne, sous peine d’avoir de sérieux ennuis avec la justice. Darlène était déjà en train de faire l’amour à une croix. Accroupie sur un muret, elle se frottait les cuisses contre la froideur de la pierre. Passé une furieuse montée d’adrénaline, je pris quelques clichés que j’espérais réussis avant de continuer de jouir du spectacle comme un simple spectateur. Le manteau de Darlène pendait de chaque côté du mur. Seuls ses seins étaient visibles mais l’on devinait aisément le reste par ses mouvements suggestifs.

Je raisonnai une voix intérieure en me disant que l’homme qui était dans la tombe en ce moment même ne viendrait sûrement pas se plaindre du show auquel se livrait la belle jeune femme qu’était Darlène. Mon sexe, lui, était déjà dressé vers le seigneur et ne s’embarrassait pas le moins du monde pour si peu. J’espérais ardemment que Darlène abandonne sa croix pour venir s’occuper de moi mais le temps n’était pas venu.

- Tu as les menottes ? demanda-t-elle.

Je les sortis de ma poche, en prenant soin de ne pas faire tomber les clés du même coup. Darlène sourie en les voyant.

- Génial ! Tu y as pensé. Viens avec moi.

Après s’être débarrassé de son manteau, Darlène déambula dans le cimetière, ses fesses à l’air devenant frais. Elle ne voulu pas que je ramasse son vêtement malgré mes protestations. Je la suivi dans les allées jusqu’à une de ces maisonnettes qui semblaient abriter les morts de plusieurs générations d’une même famille. Elle en fit le tour avant de s’adosser à la grille qui recouvrait la porte de l’entrée. Je jetai de petits coups d’oeils furtifs autour de nous pour vérifier que personne n’avait été attiré par « la femme nue aperçue dans un cimetière ». Sentant que ce n’était pas le cas, je lorgnais, soulagé, sur cette petite zone brune rasée court de Darlène qui me promettait tant de délices. Ma queue se redressait instantanément malgré la maîtrise qu’exerçait mon pantalon.

- Ce sera parfait, ici ! dit-elle. Fixe moi les menottes.

Je m’approchai d’elle et enroulai les cercles de métal autour de ses poignets qui se retrouvèrent enchaînés à la grille. J’embrassai Darlène au passage, profitant un peu de ce qu’elle était à ma merci pour lui prodiguer quelques caresses osées. La situation était plutôt excitante mais le moment ne semblait toujours pas venu.

- Laisse-moi ici ! dit-elle. Reviens me chercher dans deux heures, pas avant.
- Te laisser ici ? mais tu n’y penses pas !
- Fais ce que je te dis. Je veux me mettre dans la peau du personnage.
- Dans la peau de quoi ? Je ne comprends pas. Je ne peux pas te laisser là.
- Laisse moi juste deux heures, dans ce cimetière où personne ne vient jamais. Que risque-t-on ?
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J’hésitai pendant de longues minutes, sentant la situation m’échapper. Darlène semblait tellement tenir à ce que je la laisse là pendant deux heures. Elle tentait de m’assurer que tout irait bien mais je me faisais du souci. Ne voulant pas la fâcher, je lui promis néanmoins de m’en aller et de ne revenir que dans deux heures. J’étais loin d’être rassuré.

Je me perdis dans les allées, un peu déboussolé. Il faisait de plus en plus sombre et les tombes défilaient mais se ressemblaient toutes. Après quelques virages, je butai sur le vêtement de Darlène, son manteau. Je n’étais plus très loin du parking. J’emportai le manteau avec moi. Elle serait sans doute contente de le retrouver à mon retour. Je passai devant la croix et m’arrêtai quelques minutes. Je tendis l’oreille mais seuls les sons de la nature parvenaient jusqu’à moi.

Je m’installai dans la voiture, ne voulant pas m’éloigner plus malgré ma promesse. J’épluchai les clichés qui étaient dans mon nouvel appareil photo numérique, repérant ceux qui sortaient du lot et analysant les maladresses commises sur les autres. Le temps passait lentement, préoccupé que j’étais. J’écoutai un peu de musique en branchant la radio, pour me détendre. Je n’imaginais pas que ces deux heures là puissent être si longue. Je pris mon mal en patience, jetant un œil à ma montre toutes les cinq minutes.

Un individu frappa à ma portière. Je sursautai. Je coupai la radio et sorti du véhicule. Il faisait noir malgré le faisceau de mes phares. Je ne vis personne. Qu’est-ce qui avait pu provoquer ces deux coups sourds ? Je fis le tour de ma voiture, à peine rassuré. Avais-je rêvé ? Ma montre indiquait qu’une heure et demie s’était écoulée. Comment était-ce possible ? Cela n’expliquait pas le bruit que j’avais entendu.

Je bondis vers les chemins du cimetière à la recherche de Darlène. Je dus parcourir des dizaines d’allées avant de trouver la bonne. Je m’empressai de faire le tour de la maisonnette, le cœur battant. Une sombre intuition vint m’affoler encore plus. Dans ma panique, je ne vis pas que la longueur de la grille n’était pas la même. Darlène n’était pas là et mille pensées funèbres me traversèrent l’esprit au même moment.

Lentement, les indices que cette tombe n’était pas la bonne montèrent jusqu’à ma conscience irraisonnée. Je fus soulagé de m’en rendre compte. Je poursuivis mes recherches. La nuit, le cimetière paraissait gigantesque. Je n’osai pas appeler Darlène. Elle me prendrait pour un idiot si je m’étais fait un film. Je m’arrêtai quelques minutes pour me calmer et peut-être procéder par ordre. Je me remémorais le chemin que l’on avait emprunté, puis, suivant le même je parvins enfin jusqu’à la maisonnette où Darlène m’attendait toujours, enchaînée à la grille.

Elle sanglotait. Je ne comprenais plus. Ses poignets étaient tout meurtris. Darlène se laissait pendre par les menottes. Elle avait un hématome sur la pommette droite. Elle détournait la tête, incapable de me regarder. Une éraflure de sang zébrait sa joue gauche. Il y en avait aussi partout sur sa poitrine et sur son ventre. Un liquide blanchâtre s’échappait de son sexe, le long de ses cuisses, gluant et collant. Je tentai de soulever Darlène pour la détacher. Ses poignets étaient tout violacés. Je l’entendis me murmurer dans un sanglot :

- Ils étaient trois… comme des sauvages. J’ai cru qu’ils ne s’en iraient jamais… J’ai eu si peur, j’ai si mal à l’intérieur.

Je fracassais les menottes de colère contre la pierre et serrai Darlène contre moi, très fort… impuissant à accueillir ses larmes.





© Crédit photo - Michael Duval - Titechok


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