Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
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par Sublum



Emilie était entrée dans la chambre universitaire mais ce n’était pas dans mon lit qu’elle venait mais dans celui de l’autre. Je fis mine de m’occuper de mes affaires, ouvrant un livre ou deux, branchant mon baladeur pour qu’il me serine un air dans les oreilles. Je ne voulais pas entendre leurs ébats. Pourtant cette fille me fascinait et c’est un brin coupable que, fou de désir et de douleur, je la regardai se déshabiller pour l’autre, dans la pénombre du soir.

- Laisse la lumière, pour cette fois, lui dit-elle.
- Tu es sûre ?

Je n’avais pas entendu mais imaginé ce dialogue, des milliers de fois alors que sous ma couverture s’agitait le membre coupable. Elle savait que je me caressais. Chaque fois, je devinais son regard dans ma direction tandis que l’autre la prenait avec force et puissance. Elle prenait plaisir, semblait-il, à regarder ma détresse tandis que mes désirs les plus fous de la posséder se matérialisaient d’une horrible façon.

Emilie était étudiante dans l’école voisine. Chaque vendredi, elle venait se faufiler dans nos murs pour rejoindre cet amant qui, pour mon plus grand malheur, était mon camarade de chambre. J’avais bien tenté une fois de lui dire combien je l’aimais. Lâchement j’avais même préparé une lettre qui je comptais lui remettre mais quand ? Avant ou après. Je sentais ma démarche ridicule. Comment pourrais-je encore lui avouer mes sentiments après l’avoir vu prise, sous mes yeux impuissants, par un autre ?

J’avais tellement épié le moindre des gémissements d’Emilie, de ses gloussements que je la connaissais intimement, plus qu’aucun autre. Plus le temps passait et plus l’injustice devenait criante. Qu’avait-il de plus que moi que je ne saurais, moi aussi, lui faire. L’aimait-il seulement ? Cette femme, j’aurais pu la faire jouir, aussi bien que lui. J’en étais convaincu.

- Bonsoir, disait-elle.

Voilà tout ce à quoi moi, j’avais le droit. Cette simple formule de politesse qui aurait été échangée avec n’importe qui. Elle aurait pu montrer un peu de sympathie, dire quelque chose comme : « Bonsoir. Si ça te dérange pas je viens baiser avec ton pote. » Et alors, j’aurais répondu : « Pas de problèmes, je me caresserais juste en vous regardant. Faîtes comme chez vous. ». Un peu de considération pour ma souffrance, voilà ce que j’attendais, un peu d’humanité mais comment lui en vouloir ? Elle était si belle, si radieuse. Ses petits cris étaient si délicieux quand elle était sur le point d’atteindre l’orgasme. La position que j’aimais le plus était celle où je pouvais la voir s’activer sur le sexe de son copain, lui-même étendu sur le dos. Je ne voyais alors plus qu’elle et je devenais celui qu’elle chevauchait.

J’avais encore en mémoire ce regard qu’elle me destinait dans ces moments là, lorsqu’elle prenait son pied, et qui voulait dire « Je te plais ? » ou encore peut-être « ça t’excite de me voir ? ». Ce regard, je l’avais interprété de mille façons sans jamais trouver la bonne. Ce soir, pourtant, tout irait différemment. Je savais que mon colocataire était reparti chez lui, dans son village. Emilie n’avait pu matériellement être prévenue et j’étais chargé de la commission.

J’avais prit une douche, me lavant avec soin, faisant durer le plaisir. Ce soir était mon soir, après tout ce temps. Emilie constaterait que son copain l’avait abandonné et alors, elle se jetterait sur moi, folle de désir, enfin libre. Je me frictionnai en pensant à cet instant où je prendrais enfin ma revanche sur toutes ces humiliations. L’eau cessa de couler sur mon corps. Je sortis pour me sécher. Elle était là, devant moi, tranquille. Elle souriait en me voyant.

- Bonsoir ! me dit-elle.

Troublé, je balbutiai quelques mots, cherchant la serviette. Ce fut elle qui me l’a tendit, elle était assise sur le lit de l’autre. Seulement voilà, elle ne bougea pas, ce qui m’obligea à faire quelques pas dans sa direction. J’étais gêné. J’étais confus. Elle avait toujours ce regard qui m’avait tant interrogé. N’ayant pas d’endroit où m’habiller, je dus le faire devant elle, qui ne se gênait pas pour regarder. Voilà que c’était quasiment le monde à l’envers à beaucoup de détails près, malgré tout. Quand je fus présentable, je vins m’asseoir sur mon lit, en face d’elle. J’étais incapable de lui dire que son mec ne viendrait pas. J’étais là, attendant avec elle, entamant maladroitement la conversation, brûlant d’un feu intérieur qui me consumait et me paralysait.

- Je n’avais pas remarqué que tu étais si mignon, me dit-elle.

Elle mentait. Comment était-ce possible autrement ? Je savais qu’elle mentait. Tout ce temps passé à me regarder. Tous ces instants de plaisirs qu’elle me dédiait comme pour mieux m’humilier. Les avais-je donc rêvé ?

- Viens, t’asseoir près de moi, dit-elle.

Moi venir auprès d’elle sur le lit tant haï ? Mon corps ne me laissa pas le soin d’y réfléchir et m’entraîna presque immédiatement auprès d’Emilie. Il avait réagi au tapotement de sa main sur la couverture, à coté d’elle. Je n’avais fait que répondre à un stimulus, voilà. Son parfum était si doux. Ses cheveux bougeaient avec tant de grâce. Des frissons me parcouraient le cou. J’étais si proche.

- Il ne viendra pas, n’est-ce pas ? demanda-t-elle.
- Non, répondis-je.

Elle se levait déjà, prête à partir. Prit d’une pulsion je lui retins le bras. Je voulu lui déclarer ma flamme, là maintenant, qu’elle comprenne enfin toutes mes souffrances. Le son se bloqua dans ma gorge. Mes yeux seuls exprimaient ma détresse.

- Emilie, je…

Plus tard, je lui dédiai une lettre évoquant le moment si intense qui s'ensuivit. J'avais voulu retranscrire chaque instants, chaque sensations comme pour les graver définitivement dans ma mémoire.

Voici la lettre que je lui avais faites parvenir :

« Ton doigt vint se poser devant ma bouche, m’enjoignant de me taire. Lentement, tu attrapas ma main et la posa sur ton ventre. De ton autre main, tu défis un à un les boutons de ton chemisier. J’osai à peine remonter ma main sur ta peau nue, si douce. J’avais voulu toucher ta poitrine au travers de ton soutien et tu m’avais laissé faire. Bien plus que cela, tu m’avais guidé, comprenant mes envies. Emilie, je te serais éternellement reconnaissant pour ce moment là. La suite fut inéluctable. Tu retiras un à un tes autres habits, me laissant explorer ton corps de mes doigts fébriles. Longtemps imaginée, je découvris chaque parcelle de ta beauté d’une si rare sensualité.

D’un geste lent et doux, tu posas alors ma main sur la peau de tes seins. Je te pinçai légèrement les mamelons, sachant d’avance que tu aimais cela. Puis tu glissas ma main sur ton antre que je sentis humide tandis que ma bouche vint se poser sur tes aréoles, agaçant ta poitrine. Mes doigts se crispèrent sur ton sexe, s’enfonçant légèrement dans la moiteur. Tu m’apaisas d’une caresse, continuant de me guider au creux de toi. Mon sexe, durci par le plaisir, montait en puissance. Je ne pouvais cesser de te caresser, de te dévorer des yeux, de mes lèvres. Toi seule pouvais me libérer de ton emprise et me permettre de retirer ces vêtements devenus trop étroits.

L’heure tournait, à présent j’étais nu à tes côtés, allongé sur le lit. Des mille scénarios que j’avais patiemment construit au fil des nuits, il ne me restait plus rien d’autre qu’une envie sourde et profonde de te prendre, de te faire mienne. Mon sexe entra en toi, lentement comme une extase sans fin. Tu soupirais. Tu gémissais, sentant mon trouble. Tu savais que tu me donnais le plus beau cadeau. Un cadeau que j’emporterais au fond de mon cœur, pour ma vie entière. La cadence s’accéléra, coupant court à toutes mes pensées. Je n’étais plus qu’un objet de jouissance entre tes bras. Nos corps se frottaient, s’aspiraient au rythme infernal que ma pénétration imprimait.

Une longue agonie de plaisir s’ensuivit. Un râle que je connaissais, lui aussi, que j’espérais plus intense. Alors peut-être ? Tu choisirais de poursuivre ta vie avec moi, laissant l’autre, mon ennemi, au triste sort dont j’étais l’objet. Pourtant, je sentais déjà que ce ne serait pas le cas. Pour toi, je ne serais toujours qu’une passade, tout comme l’autre. Aimer tu ne pouvais plus, pas après ce qui t’était arrivé. Ceci je le compris que bien plus tard alors que tu étais devenue mon amie. Une amie fidèle et sincère, ce que l’amour ne t’autorisait pas.

Je voulus te toucher une dernière fois, m’imprégner de ton corps, de tes courbes. Sous la douche, je savonnai ces parties de ton être sensuelles et intimes, faisant glisser mes mains sur ta peau, t’essuyant, ensuite, avec beaucoup d’amour. Je voulus aussi t’habiller. C’était important, dans ce moment là. Tu te prêtas à mon jeu, de bonne grâce, riant de mes maladresses. Par là, je me signifiais à moi-même qu’il fallait que je referme cette porte que tu avais laissée entrouverte, le temps d’une nuit. Tu étais belle et le resteras pour toujours car ta beauté, c’est en moi qu’elle est et si mes yeux s’en sont partis ailleurs, partout, c’est toi que je continue de voir.

A toi, ma beauté... mon Emilie que j'aime. »


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