Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
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par Sublum



La fumée envahissait la scène. J’étais en transe. L’odeur caractéristique des fumigènes me plongeait immédiatement dans un état de contemplation absolu. Tous les soirs à la même heure depuis un mois, j’assistai au spectacle d’Esméralda. Elle allait faire son entrée d’une minute à l’autre. Les tables firent le silence. Tous les regards s’étaient spontanément tournés vers la scène comme si un grand moment prédit depuis des siècles allait pour de vrai s’accomplir. Même les inconnus du club sentaient ce changement imperceptible qui se dessinait sur les visages. Ils suspendaient leurs discussions pourtant animées la seconde d’avant. Dans ce lieu, à ce moment précis, la musique était importante. Les quelques notes orientales qui montaient des haut-parleurs captaient l’attention des plus lents à percuter. Esméralda allait faire son entrée, quoi ! Ne le savaient-ils pas. D’une minute à l’autre. Plus rien n’existait d’autre que l’instant qui suivrait. Dans une coïncidence convenue, les serveuses cessèrent leurs allées et venues des clients jusqu’au bar et se tapirent dans un coin, respectant le désir inconscient des hommes de ne plus être dérangés.
    Propriété exclusive de Dominique Lefort
Elle était là. Elle était belle. Electrique, irréelle au milieu de la fumée blanche. Elle était tombée du ciel comme un ange de l’amour. Elle portait un masque démesuré qui recelait, à lui seul, tout le mystère féminin. Elle jouait harmonieusement de son éventail et n’était vêtu que de voiles noirs. C’était la femme, la seule, l’unique, la désirée, l’adulée. Chacun de ses pas était un ode à la sensualité capable de réveiller les cœurs les plus engourdis. Le moindre de ses mouvements inspirait la grâce et un désir fou, incontrôlable. Esméralda, c’était celle qui vous charmait d’un seul balancement de hanche. Je dus avoir le cœur bien accroché pour suivre des yeux Esméralda sans succomber définitivement à sa beauté. Je vous parle d’une magie de la nature, une superbe femme que nous ne pouvions toucher, seulement voir. La torture était atrocement délicieuse et nul n’aurait brisé le pacte par un geste inconvenant. Elle dansait pour nous mais nous n’aurions que ces doux moments d’élégances pour consoler nos âmes éperdues. Nous le savions, nous le redoutions.

La musique poursuivait son œuvre hypnotique. La peau d’Esméralda était un tissu de pétales de roses magnifiés par l’éclairage chaud et envoûtant descendu pour elle des spots artificiels. Ses mains fines et délicates semblaient faîtes pour aimer. Nous rêvions tous de les tenir au creux de nos paumes, de les embrasser, de les chérir. Chacun de ses doigts auraient été notre plus précieux bijou et nous l’aurions aimé tout en remontant le long de son avant-bras avec fougue. Bien sûr, elle aurait détourné la tête, hautaine, consciente du cadeau immense qu’elle nous concédait du haut de son fascinant magnétisme animal. Honteux mais avides, nous aurions goûté sa peau gorgée d’amour et de saveurs enivrantes, effleurant de nos lèvres cette créature autant ensorcelante qu’inaccessible. D’un regard empreint de mystère absolu, cette perle de féminité aurait fait de nous des amants crédules et pour toujours éconduits. Le calvaire d’être là, à deux pas d’Esméralda, il fallait le vivre pour se sentir vivre. Chaque soir, je m’inscrivais pour un nouvel enfer de délice. C’était ma drogue des sens.

Depuis quelques temps, il n’y eut pas un homme qui n’eut entendu parlé d’Esméralda. Les places de son spectacle étaient devenues rares et chers. Des sommes colossales étaient engloutis chaque soirs consumés, échangés contre une alchimie de volupté pur. La divine femme était l’objet d’un troc odieux et continuel. Le plaisir des yeux ne connaissait plus de limites mais une fois son apparition sur la scène, le respect était de mise. Les plus fanfarons sombraient dans un silence béat d’admiration. Les plus timides avaient des yeux brillants d’une éternelle reconnaissance. Les plus courageux osaient deviner les courbes secrètes de cette femme éclatante mais se gardaient de tout commentaires. L’assemblée entrait dans une transe collective où chaque désir vibrait à l’unisson des autres.

Esméralda insufflait l’espoir, la vie à nos cœurs qui ne connaissaient rien. Le déchaînement des passions submergeait les tables muettes. Des idylles platoniques naissaient de ses battements de cils. Elle avait ce don d’appeler l’adolescent en nous, celui désirant aimer pour aimer ce qu’il chérissait le plus que tout au monde : un idéal de femme, cette autre nous à jamais différente et ô combien intrigante. Quel était le secret d’Esméralda, sortie de nulle part ? Cette enjôleuse par la seule voie de son corps et d’une danse lascive capturait ses proies sans autres sorts. Incroyablement, la musique paraissait amoureuse, elle aussi, de cette femme maléfique. Elle épousait chacun de ses mouvements avec un tempo parfait. Elle se voulait écrite spécialement pour cette troublante créature. Une expression courrait dans le quartier : « quiconque n’avait jamais ressenti la fièvre d’Esméralda n’était pas un homme ». Depuis un mois, déjà, j’avais découvert cette incarnation charnelle du désir, cette femme primordiale. Je redevenais un homme, encore et encore, tel un assoiffés traversant un désert, parcouru de mille désirs.

Ce soir, le spectacle était différent. Je le sentais. Le gratin de la clientèle avait été sélectionné pour cette mystérieuse soirée spéciale. Les plus fervents admirateurs, venus de loin pour certains, avait amassés leurs fortune pour faire parti de ces prestigieux élus. La date avait été marquée d’une croix rouge, couleur de la passion, sur nombre de calendriers partout dans la région. Les journaux locaux avaient consacré un entrefilet sur la sulfureuse Esméralda. La surprise qui nous était réservé ce soir était totale. Les bruits les plus fous courrait pourtant sur ce qui allait se passer. Incrédule, j’étais dépassé par toutes ces idées qui tourneboulaient dans ma tête et provoquaient en moi des pulsions ravageantes, terrifiantes. Mon obsession galopante atteignait des sommets exaltants. Je m’embrasais. Je perdais appétit. Je passais mes journées à dormir, rêvant à ma douce et tendre Esméralda. Mes amis s’inquiétaient de me voir dans un tel état d’abandon. Tout ce que la réalité m’offrait n’était qu’un pâle reflet ternis de la beauté que recelait la femme vers qui convergeaient toutes mes pensées.

Surexcités, survoltés, l’atmosphère lancinante, les fumigènes brouillant notre vision, l’alcool embrumant nos cervelles, le fric noyant nos chagrins. Au milieu de cela : Esméralda. Par ses ronds de jambes, elle rassemblait nos frénésies, attisait le brasier de nos envies, nous tenait en respect par sa grâce. Elle nous transportait avec elle dans un autre monde. Mon bonheur culminait mais progressait encore dans une lente montée extatique. Soudain, la tension monta d’un cran. Le silence était presque palpable. Les verres s’étaient subitement arrêtés à quelques centimètres de lèvres, comme figés. Les bras de la créature au point de mire étaient passés dans son dos. Personne n’avait jamais vu Esméralda faire ce geste. Un geste qui pourtant était reconnaissable entre mille. Ses doigts se rejoignirent sur l’agrafe de son soutien-gorge et entreprirent de le défaire.

Les ventres se nouèrent. Les lèvres s’humectèrent de salives. Le soutien-gorge tomba sur le sol sans cérémonie. Deux gros globes délicats et roses furent mit à nus. Esméralda n’était plus vêtue que de son seul slip noir. Le choc parmi les membres du club. Elle se tenait les cheveux dans une pose sensuellement renversante. Plus aucun des hommes présents dans la salle n’entendit de musique, absorbés qu’ils étaient dans la contemplation de la poitrine d’Esméralda. La courbure généreuse de cette chair palpitante, cent fois imaginée, mit en émoi toute la salle. Les cœurs vibrèrent, suspendus aux moindres tressautements de cet irrésistible attrait enfin dévoilé. Une cigarette s’échappa des doigts d’un homme. Une gorgée fut avalée de travers. Un mariage prit fin. Nul ne resta indifférent. Tous furent subjugués, pétrifiés, damnés.
    Propriété exclusive de Dominique Lefort
Sous les regards insistants, Esméralda arpentait la scène de sa démarche hypnotique. Je suivis avec minutie le doux balai de ses deux protubérances impériales. Les reflets d’ombres et de lumières donnaient une dimension particulière à ce corps dénudé, tel celui d’une déesse. Chaque centimètre de sa peau pénétra au plus profond de moi-même. Le souvenir de la prêtresse érotique au corps magnétique continuerait de me hanter bien au-delà de cette soirée. Esméralda alimentera mes fantasmes, mes plaisirs, mes obsessions, mes pulsions pour le restant de mes jours. J’étais à sa merci. Je lui appartenais. Elle m’avait ravi. Je n’étais plus rien sans elle. Le goût de vivre m’avait quitté. Chaque seconde, j’espérais l’apercevoir, au détour d’une rue, à mon travail, en courses. Toutes mes actions ne prenaient de sens qu’en imaginant comment Esméralda les vivrait. Chacune de mes émotions nécessitait de lui être rapportée, à cette divine créature, pour me faire exister dans son coeur. Je rêvais jour et nuit sans me nourrir. Je marchais des heures durant à sa rencontre, affamés de désir. Je passais, repassais devant la porte close du club, relisant les horaires, pestant, implorant.


Esméralda, je t'ai dédié cette lettre que j’ai transmise au manager du club :

« Pour moi tu es tout. Mes yeux se sont brûlés à ta flamme le jour où je suis entré dans ce club. Je ne sais plus voir l’insipide réalité qui en est devenue mon cauchemar. Chaque minute loin de ta présence affolante est un calvaire, un déchirement total. Ma vie est un ouragan qui me retourne les sens depuis que tu t’es approchée de ma table, un soir pas comme les autres. Plus rien ne me retient de mourir pour toi. J’ai ce besoin continuel d’hurler mon amour qui me taraude les entrailles et me prive de tout apaisement. Mes larmes emplissent les trous que ton regard fore dans mon cœur. Je voudrais t’oublier mais tout me parle de toi et me rappel ton souvenir dangereux. Mon ardente passion ne veut connaître que toi, n’entendre que toi, ne voir que toi. Je m’accroche à mon bonheur de t’avoir aperçu un soir, offrant ton corps à notre convoitise coupable. Je veux ce cadeau céleste pour l’éternité. Je veux t’aimer aussi fort que ma vie et ma chair le permettront. Esméralda, je t’aime d’un amour si puissant que j’en tremble de te l’écrire ».

J’eus une réponse à ma lettre. Esméralda, au bout d’une semaine, accepta de me rencontrer. J’étais fébrile, relisant chaque mot pour être sûr. Je mourus d’impatience, d’angoisse, de peur, de déchirement, d’amour, de passion, d’exaltation. Le jour arriva, mille fois vécu, en pensée seulement, de la rencontrer. Sans voix, je me présentai à sa loge le dit soir après son spectacle. L’énorme gorille me fit signe de passer. J’étais sur une pente dangereuse, vertigineuse. J’allais me perdre. Le gouffre, les tréfonds de mon âme m’aspiraient comme un pantin désarticulé, désincarnée. Qui était là, ce soir, dictant mes gestes ? Esméralda était là, torse nu, assise en face d’un grand miroir. Elle ne me regarda pas immédiatement. Moi oui. Elle lu la lettre que je lui tendis. Elle reconnut l’écriture et n’alla pas plus loin. Elle me sourit, continuant de se recoiffer. Ses seins étaient tirés vers le haut par ses bras qui maintenaient sa chevelure en l’air. J’étais pris d’un désir irrépressible de les porter à ma bouche, de les sucer. Ses tétons magiques, je les voulais sur ma langue. Je voulais connaître leur douceur électrique sur mes lèvres. Je fis quelques pas en direction d’Esméralda. Elle me toisa des pieds à la tête mais ne tenta rien pour m’empêcher de l’approcher. Elle sourit à nouveau, devinant une drôle de lueur dans mes yeux.

Esméralda, je l’aime tant et j’aime son corps. J’ai son goût dans ma bouche, souvenir du plus beau moment de ma vie. J’ai léché avidement ses tétons comme dans mes rêves. Ils se sont redressés sous ma succion puissante. Je l’ai prise dans mes bras. J’ai parcouru son ventre, humectant sa peau de ma salive. J’ai plongé vers sa toison, lui arrachant ce tissu obsédant dans un empressement mal contenu. Ma langue a remué l’intérieur de la divine danseuse. J’ai remué l’intérieur d’Esméralda. Mon sexe n’a jamais été aussi grand et développé que ce soir là. Je l’ai enfourné dans son antre mouillé de ma salive et du désir que j’avais su faire naître en elle par mes mots, mes caresses, mes instincts invincibles. Dans une étreinte bouillonnante, nos sens se sont perdus et retrouvés. J’ai joui de ce fantasme qu’Esméralda m’apportait. Experte dans les choses de l’amour, elle m’avait tout donné. J’avais été submergé par son insolente pulsation à jouir qui revenait sans cesse titiller mes organes, me rendant esclave de ses orgasmes, des miens. Je sortis repus pour des semaines de cette union hors du commun. Je ne reconnus plus le chemin de mon chez moi. Je ne savais plus qui j’étais mais je savais qui j’aimais. Je n’étais plus. J’étais un autre… mais je savais que je l’aimais, plus que tout au monde... Esméralda...



© Crédit photo - Dominique Lefort


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