Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
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par Sublum



Ce que j’aimais le plus chez Ingrid, c’était sa joie de vivre si communicative. Elle vivait à cent à l’heure et entraînait ses amis à sa suite comme dans un tourbillon. Toujours prête à faire les quatre cents coups, il fallait parfois se mettre à plusieurs pour l’arrêter avant qu’une catastrophe se produise. J’admirais en elle ce sentiment de liberté, ce goût du risque qui lui permettait de croquer la vie à pleines dents. Ingrid nageait à contre-courant de la société, n’hésitant pas à se mouiller pour ses amis. Ingrid, c’était la passion incarnée et si pour cela, je devais lui mettre une note… ce serait dix sur dix.

Sept heures du matin, la journée commence. Ingrid frappe à ma fenêtre des grands coups, jusqu’à ce que j’ouvre. Ne pouvait-elle pas sonner à ma porte comme tout le monde ? Un air frais et vivifiant vient me fouetter en plein visage.

- Ah te voilà ! dit-elle. Des heures que je frappe. Bien dormi ?
- Tu n’avais qu’à utiliser la sonnette.
- Tu ne réponds jamais. Comme cela, au moins, tu sais que c’est moi.
- Sais-tu qu’il est sept heures ?
- Bien sûr. Je suis venue le plus tôt possible. Dépêche toi de t’habiller et viens.

A peine allais-je refermer la fenêtre pour aller me rendormir qu’Ingrid était déjà en train de l’escalader, me poussant sans ménagement. C’est terminé le rez-de-chaussée, la prochaine fois, je logerai très haut, peut-être bien au dixième étage si c’est possible. J’attrapai quelques vêtements sales que je fourrai dans un coin discrètement, ainsi que quelques assiettes de la veille qui traînaient encore sur la table du salon. Je mis en route la cafetière et lui proposai une tasse. Quand je revins de ma douche, Ingrid avait déjà tout bu, y compris la mienne.

- Tu en mets un temps fou, me dit-elle. Tu es pire qu’une fille.
- Tu n’aurais pas bu ma tasse de café, par hasard ?
- Je suis désolée mais nous n’avons pas le temps de t’en refaire. Allez viens !
- Je pourrais savoir où nous allons ?
- C’est super. C’est génial. Tu vas adorer, tu vas voir. Fais moi confiance.

J’en su un peu plus dans la voiture, la mienne. Comme par hasard, Ingrid venait souvent me voir, depuis cet achat. Elle m’entraînait alors dans des endroits complètement loufoques, soi disant des hauts lieux historiques ou mystiques, dont la description ne correspondait que rarement à la présentation faîtes par le super méga site web génial qu’elle avait déniché sur Internet. Pourtant, aujourd’hui, le rendez-vous serait dans une clairière. Cela me changerait des chasses aux trésors et autres recherches mystico spirituelles dont les seuls pouvoirs étaient de me donner mal au pied.

Neuf heures trente, nous arrivâmes à trou perdu ville après quelques dizaines de kilomètres de détours, soi disant des raccourcis. Les paysans nous dévisagent. Nous ne sommes pas des vaches. Ingrid m’indique la direction d’un petit chemin dont les cahots font vibrer la voiture. Je ralentis prudemment, ne désirant pas crever un pneu dans ce coin reculé. Je stoppe la voiture quand le chemin s’arrête lui aussi. Ingrid saute hors du véhicule et s’aventure dans la forêt. Je la suis.

Nous débouchâmes sur une clairière magnifique. Je m'empli des bienfaits de la nature. Tout paraissait coupé du monde. Nulle traces d’êtres vivants autre qu’Ingrid et moi sur ces terres. La sensation était troublante. Je goûtais à la liberté d’être moi-même sans aucun regard étranger pour me modeler inconsciemment et inhiber mes gestes, voire mes pensées. J’étais bien.

Ingrid aussi savourait la liberté, sauf qu’elle, en plus, se déshabillait. Elle se mettait à l’aise, disait-elle. Elle ne portait plus sur elle que ses bas roses que bizarrement elle avait gardé, ainsi que ses chaussures, ce qui était déjà plus compréhensible. Elle s’avança vers moi, toison et cheveux bruns au dehors, respirant l’air frais :

- Allez, déshabille toi aussi. Il n’y a personne.
- Tu ne m’as pas amené jusque là pour faire du naturisme ?
- Mais non, patate, je dois faire un exposé pour ma thèse.
- Et je vais apparaître nu dans ta thèse ? dis-je.

Comme elle ne répondit pas, je gardai mes vêtements mais consentis néanmoins à retirer ma veste. Après tout, il faisait plutôt agréable. Ingrid s’approchait près d’un arbre. Je lui posai une autre question :

- Et tu fais une thèse sur quoi, au juste ? On peut savoir ?
- Mais oui, parfaitement, une thèse. Je fais une thèse sur… Jésus Christ !

Joignant le geste à la parole, elle prit la posture d’une croix, bras écartés, s’adossant à l’arbre, regardant dans la vague. La position était criante de réalisme et ne faisait que la rendre plus odieuse encore. Si tout les crucifix étaient taillés comme Ingrid, je sens que je me serais converti tous les jours. Je ne pus m’empêcher de pouffer de rire. Elle, par contre, était à fond dans son rôle. Depuis le temps que je me disais qu’elle était folle, cette fille. Folle mais désirable, je m’en rendais compte. Même en Christ souffrant le martyr, désirable, elle l’était.
    Propriété exclusive de Sandrine Sauveur
Je sentais des picotements me grimper dans l’aine. Une vague de frisson qui n’était pas due au vent me parcoura l’échine de haut en bas. Je m’approchai d’Ingrid pour la saisir dans mes bras. Stoïque, elle n’abandonna pas sa pose extatique tandis que je me pressai contre elle, enserra l’arbre et son corps à elle autour de la taille. Comme la sensation était bonne ! Je serrai Ingrid dans mes bras. Son corps nu était contre le mien. Je regrettais de ne pas m’être déshabillé comme elle me l’avait demandé quoique mon trouble n’en aurait été que trop visible. Sur un ton solennel, j’entendis Ingrid faire une incantation à mon endroit :

- Tu dois t’agenouiller devant ton Christ et sa passion. Tu dois faire des prières pour moi.

Ce petit jeu me plaisait beaucoup plus. Si Ingrid était folle, moi, je ne perdrais pas le Nord. M’agenouiller ? Son ordre n’était rien de moins que mon désir ardent en ce même instant. Je tombai à ses pieds, plongeant dans son péché. Ma tête vient se caler contre son aine accueillante et pure. Je proclamai quelques mots en une langue que je voulais être du latin quand Ingrid m’interrompit :

- Eh, n’en profite pas petit cochon !

Je reculai, malgré moi, mes lèvres de son sexe, prit en faute. Ingrid en profita pour se sauver. Le temps que je m’arrache à la vision hypnotique de cette jeune femme courant nue dans l’herbe et que je me décide à lui filer au train, l’écart à combler était déjà grand. Etant assez sportif, je m’élançai malgré tout, sûr de moi, avec en point de mire une jolie paire de fesses blanches auréolées de rose par le bas. Je dus me débarrasser de quelques poils d’Ingrid que j’avais encore dans la bouche. Je tentais de les expulser à plusieurs reprises avant de recommencer à courir, deux fois plus vite.

Quand enfin je la rattrapai, Ingrid reprenait son souffle, appuyé sur le haut d’un puit. C’est étrange comme ni l’un ni l’autre ne l’avions remarqué auparavant. La clairière était longue et se poursuivait loin derrière des arbres après avoir obliqués sur la gauche. Il se peut que cette partie de la prairie fût restée cachée à nos yeux. Que faisait donc ce puit à cet endroit, loin de tout ? Ce devait être un vestige du passé, une source de vie qui avait perdu sa raison d’être, l’urbanisation aidant.

Ingrid s’agrippait à une planche du toit du puit pour tenter d’en apercevoir l’intérieur. Comme cette jeune femme était belle, étendue de tout son long… Les petites pointes noisette que formaient les seins d’Ingrid, penchée en avant, faisaient naître en moi des papillons de plaisirs. Ils s’envolaient tous en même temps, dressant ma virilité emprisonnée dans leur passage. Ingrid prit un drôle d’air :

- Je crois qu’il y a un corps, tout au fond, dit-elle.
- Ne dis pas de bêtise, tout ça n’arrive que dans les films.
- Je te dis qu’il y a un corps. On dirait vraiment ! Viens voir par toi-même.
    Propriété exclusive de Sandrine Sauveur
Je m’approchai de sa position et m’arc-boutait à sa place pour tenter d’apercevoir le cadavre en question. La structure du puit paraissait extrêmement profonde et la lumière ne pénétrait quasiment plus au fur et à mesure que mes yeux plongeaient dans cet abysse. Je n’étais même pas sûr de pouvoir distinguer le fond. Ingrid choisit ce moment pour me faire une blague. Elle se projeta sur moi, m’agrippant à bras le corps, se collant contre mon dos.

- Oh mon amour. Serre moi fort. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime.

Elle avait sans doute agit avec beaucoup de douceur et de spontanéité mais je faillis avoir une attaque et tomber raide mort au sol. Raide, c’était d’ailleurs le cas de le dire. La peur n’avait pas affaibli le moins du monde mes ardeurs pulsionnelles :

- Mais t’es dingue ? J’aurais pu tomber dans le trou.
- Viens mon chéri. Il y aura un autre trou où tu seras ravi de tomber dedans, celui-là.

Je me retournai, réalisant ce qu’elle venait de dire. Ingrid commença par s’échapper mais, en quelques mètres, je l’avais déjà rattrapée et plaquée au sol. Nous roulâmes tous les deux dans l’herbe. Elle gloussa en criant. Je tentais de faire cesser ses rires en posant ma main sur sa bouche mais rien n’y faisait. Nos corps emmêlés, si proches l’un de l’autre, continuait de me troubler. C’était la première fois que je ressentais une telle intimité, une telle complicité avec une femme. Quand je fus au dessus d’elle, mes yeux plongés dans les siens si bleu que j’aurais souhaité me noyer dans l’océan, son air était plus grave. Sa respiration se fit plus profonde, aussi. Je me sentais devenir amoureux d’Ingrid et j’en avais la peur au ventre. Amoureux, je l’étais déjà complètement, en fait, mais était-ce réciproque ?

Je voulus embrasser Ingrid. Je fis le premier pas, avançant mes lèvres vers les siennes. Avec beaucoup de sensualité, elle cilla et baissa ses paupières. J’effleurai ma bouche de la sienne. Ce fut comme si un courant de plaisir passait entre nos lèvres. L’instant était magique et j’étais suspendu, au dessus de celle que j’aimais et qui peut-être m’aimait aussi. Rien ne venait perturber mon envie de faire durer ce plaisir aussi longtemps que le temps nous l’eûmes permis. Les mots entre Ingrid et moi étaient devenus complètement inutiles. Seul l’instant présent qui s’éternise comptait. Sans le vouloir, sans le savoir, ce lieu de nulle part devenait notre lieu. Il s’imprégnait de notre amour et ne serait plus jamais le même.

Je sentis les mains d’Ingrid descendre sur mon dos. Elle tira sur ma chemise pour passer en dessous et me caresser la peau. Je me sentais devenir tout fragile, en proie à un désir intense. Je m’arrachai de son giron le temps qu’elle me déshabille. Mon sexe se retrouva dressé, face à elle, telle une défense d’animal. Ingrid écarta ses jambes légèrement, m’ouvrant ses lèvres de ses doigts. Répondant à son invitation, je la pénétrai lentement. Le bonheur était intense et jamais éprouvé. Je dus abandonner un temps mes pensées amoureuses pour assouvir ce désir qui nous étreignait tous les deux. Nos assauts de voluptés nous transportèrent bien au-delà du plaisir, sur des terres inconnues. Nous en pûmes revenir que transformé l’un et l’autre.

Ingrid avait jouit longuement et intensément, s’abandonnant complètement dans mes bras. Je n’avais jamais vu un tel abandon chez une femme. Elle m’avait offert son plaisir, s’en remettant totalement à moi. Mon orgasme, quant à lui, fut foudroyant, me laissant chancelant au creux de ses bras. Nos soupirs se mêlèrent encore de nombreuses minutes avant que je ne m’endorme, mon esprit sombrant peu à peu dans les méandres d’une brume onirique…

Une heure plus tard, Ingrid était en train de tirer de l’eau du puit et moi je me réveillai en sursaut. Elle s’aspergea les cuisses d’eau fraîche et me tendit le seau de bois usé par le temps. Je fis un brin de toilette avant de chercher mes vêtements. Je ne les trouvai plus. Le vent ne soufflait pas si fort :

- Ingrid ? Tu n’as pas vu mes vêtements ?
- Si, ils sont au fond du puit.
- Hein ? Mais comment… tu n’as pas fait ça ?
- Je suis désolée mon amour. Je voulais les laver, pour faire comme au bon vieux temps mais le seau s’est renversé. Ce n’était pas prévu…

C’est alors qu’Ingrid reçut un seau d’eau fraîche sur la tête puis il s’ensuivit une cavalcade chargée de représailles et c’est ainsi que je vécu les plus grands moments de ma vie, grâce à toi, mon Ingrid, que j'aime et que je n’oublierai jamais.




© Crédit photo - Sandrine Sauveur


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