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par Sublum



L'objet brillait sous la table. Je ne l'aurai jamais vu si je n'avais pas fait tomber ma fourchette malencontreusement. Les gens autour de moi, dans le restaurant, ne semblaient pas faire attention à ce que je ramassais. Si ma fourchette était sale et inutilisable, j'avais récupéré un joli médaillon en plaqué or. La gravure ne me disait rien de particulier. Le symbole était plutôt harmonieux et devait représenter quelques divinités locales. Je l'enfournai dans ma poche, gardant précieusement ce souvenir imprévu. Il ne me restait plus que quelques heures à profiter du voyage avant de repartir. Le soleil culminait en haut de sa course et inondait de chaleur le moindre centimètre carré hors du parasol.

Tandis que le garçon tardait à m'apporter ma note, je me distrayais en regardant deux charmantes jeunes femmes qui avaient l'air perdu. L'une était brune et sulfureuse, l'autre était blonde et rivalisait de beauté avec sa copine. D'ailleurs je n'étais pas le seul à m'intéresser à ces deux splendides jeunes femmes. Une femme de la table d'à coté foudroya du regard son potentiellement infidèle de mari. Celui-ci préféra baisser la tête en signe de soumission, m'enviant sans doute la liberté de pouvoir poser mes yeux où bon me semblait.

Les deux créatures avaient disparu. Le garçon apporta enfin ma note que je m'empressai de régler.

- Vous en avez mit du temps, dis-je.
- Désolé, Signor. Les deux dames avaient besoin d'un coup de main. Je ne pouvais pas le leur refuser.
- Oh, je comprends, dis-je, en ramassant ma monnaie.

Un autre client, commençant à s'impatienter, venait d'héler le serveur. Celui-ci s'éclipsa en s'excusant encore une fois. Je partis en direction de mon hôtel, chercher mon sac à dos. J'enfilai mes lunettes de soleil bien qu'elles ne me paraissaient que peu puissantes dans cette région du globe. La foule était moins dense et je pu traverser le marché facilement. L'heure était sûrement à la sieste.

Je retrouvai la fraîcheur du hall de l'hôtel avec bonheur. Mon sac m'attendait toujours près du comptoir du réceptionniste. Il ne me restait plus beaucoup de temps mais quand j'aperçus la brune du restaurant assise près du bar, je ne pus m'empêcher d'aller y siroter un cocktail. Profitant d'un croisement de nos regards, j'engageai l'air de rien la conversation.

- Figurez-vous que mes vacances se terminent et c'est seulement maintenant que je vous rencontre, dis-je avec un grand sourire.

La brune aux formes généreuses daigna s'attarder un peu sur moi. Elle me répondit :

- Les miennes se terminent aussi. Je n'attends plus qu'une amie pour pouvoir prendre le départ. Peut-être nous verrons nous dans le car ?

J'allais me présenter quand son amie surgit en pleurs, coupant court à notre conversation naissante. Quel manque de chance. Je fis mine de ne pas écouter la suite, vidant mon verre aussi lentement que je pouvais. J'appris malgré tout que la deuxième femme, la blonde, s'appelait Mélodie et qu'elle regrettait de devoir partir. Alors que les dernières gouttes de mon verre glissaient dans mon gosier, elles quittaient le bar, sans même se retourner, comme si notre conversation n'avait jamais eu lieu. Le réceptionniste vint m'apporter la note pour le cocktail. Je m'aperçus que ce n’était pas donné et mes dernières économies y passèrent. Je ne savais même pas le nom de cette jolie brune qui, je le sentais, allait hanter mes nuits pendant quelques temps.

Je sanglai mon sac vigoureusement et me dirigeai vers le chemin du car. D'autres vacanciers avaient du sentir l'heure du départ, eux aussi, et se dirigeaient sur le même chemin. Une sorte de communion amère semblait nous unir. Les mots étaient inutiles, les regards suffisaient. Le temps des vacances paradisiaques était révolu et il fallait revenir, bien malgré nous, à nos tristes habitudes.

En général, le trajet du retour était beaucoup moins palpitant que celui de l'allée. Les sursauts du car et les dangereux virages ne faisaient plus rire personne. La brune et son amie Mélodie étaient à deux sièges devant moi. Mon coeur se serrait rien qu'à cette idée. J'imaginais mille prétextes pour pouvoir les aborder à nouveau mais n'en fis rien. Comment se faisait-il que je ne les ai remarquées que maintenant ? Un voisin compatissant m'apprit qu'elles ne faisaient pas parti de notre groupe, à l'origine. Elles avaient retardé leur départ à cause d'un problème. Il n'en savait pas plus, sinon que je n'étais pas seul sur le coup, ce qui ne me réjouissait guère.

Une nouvelle fois, le car faillit faire une embardée mais aucun "ohhhh" collectif ne vint l'accompagner. Pourtant, le problème parut sérieux car le chauffeur stoppa le car un peu plus loin et descendit. Après avoir fait le tour du véhicule, il remonta et indiqua à tout le monde qu'il devait faire une pause pour réparer. Les gens furent invités à descendre du car mais à ne pas trop s'éloigner. C'était l'occasion rêvée pour aborder les deux jeunes femmes.

J'attendis qu'elles s'approchent d'une roche pour s'y asseoir et je viens auprès d'elles. La blonde sembla me reconnaître mais préféra détourner la tête. Voyant que je me dirigeai effectivement vers elles, elle prit les devant :

- Ah bonjour. Voici l'amie dont je vous avais parlé, Mélodie.

Celle-ci me jeta à peine un regard. Elle avait encore la marque d'une traînée de mascara sous les yeux.

- Vous avez du retarder votre départ, ai-je cru comprendre ? Rien de grave ?

La blonde sembla me prêter un peu plus attention. Sans doute était-elle heureuse d'apprendre que quelqu'un, même un inconnu, puisse compatir à son malheur. Ce fut la brune qui me répondit :

- Elle est très triste car elle a perdu quelque chose qui lui tenait à coeur. Un petit médaillon. Nous avons fait le maximum pour le retrouver mais maintenant, il nous faut repartir. Je crois qu'on ne le reverra plus.

A ces mots, les yeux de Mélodie s'embuèrent à nouveau. Soudain, prit d'une pulsion, je fouillai dans ma poche frénétiquement. Et si c'était celui que j'avais ramassé ? Une drôle de sensation me fendit la poitrine. Une sorte d'espoir irréel étouffé par la puissante prise de conscience que j'allais être un héros. Je suspendis le médaillon devant les yeux de Mélodie et demanda :

- Serait-ce celui-ci par hasard ? Je l'ai trouvé, il y a quelques heures, dans un restaurant.

Mon coeur cognait dans la poitrine. Le visage de Mélodie sembla se rallumer soudain avant de replonger irrémédiablement dans la tristesse. La sentence fut immédiate :

- Non, ce n'est pas celui-là, dit-elle, visiblement déçue.

A présent, c'était le goût de la trahison qui me perforait le coeur. Comment le destin avait-il pu être aussi cruel envers moi ? La mine déconfite, je balbutiais quelques mots sans intérêts. Je cherchais un moyen de disparaître. Je fis quelques pas quand la brune appela derrière moi :

- Ne partez pas comme cela, monsieur.

Je me retournai. Les deux déesses me regardaient.

- Ce n'était pas le médaillon mais cela aurait pu l'être et c'est gentil de votre part d'avoir voulu nous le rendre.

Je me rapprochai de quelques pas, n'y croyant pas. Je profitai de l'occasion.

- Je crois bien que votre amie peut prendre celui que j'ai. Il est plutôt joli et cela la consolera.

Mélodie fit une moue dubitative mais observa le médaillon de plus près. Personne ne savait ce que signifiait le symbole mais il était plutôt intriguant et mystérieux. Le bijou avait beaucoup de charme. Je m'enhardis et le fixai autour du cou de la jeune femme. Celle-ci me remercia du cadeau par un somptueux baiser, m'enivrant de son parfum délicat. La chaleur de ses bras autour de mon cou me fit frissonner. Après cette étreinte étourdissante, je faillis ne pas entendre la suite.

- Qui doit-elle remercier ? demanda la brune.

A peine ouvris-je la bouche que le chauffeur rappela tout le monde avec une espèce de corne de brume faisant un vacarme d'enfer. Mon nom se perdit dans les méandres de l'air mais je m'en moquais car les deux jeunes femmes se débrouillèrent pour que je sois auprès d'elles pour le reste du trajet. C'est coincé entre ces deux superbes femmes et envié par tous que je terminai mon voyage dans le bonheur absolu.


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