Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
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par Sublum



J’ai toujours pensé que le soleil était la vie. Aujourd’hui, comme hier, il est devenu mon pire ennemi. J’avais accompli toute sorte de missions pour ce monde qui n’était pas le mien. A présent, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : chercher un moyen pour rentrer chez moi.

Ce monde était aussi vaste que l’océan mais l’océan n’était plus qu’un irréel souvenir. Jamais, je ne le reverrai. Seul gisait à mes pieds le sable brûlant, impropre à la vie, jusqu’à perte de vue. Les vagues de ce monde étaient faîtes de milliards de petits grains s’envolant à la moindre bourrasque de vent et s’insinuant dans les replis de mes vêtements. Ces petits grains me brûlaient la peau et la plante des pieds, chaque jour un peu plus. Mais où donc était cette porte vers mon chez moi ? La prophétie était sans équivoque :

« Par le désert, un étranger viendra, mille choses il accomplira pour sauver le monde. Par le désert, il repartira… »

Oui mais voilà, je n’avais pas demandé à venir et, à présent, je voulais repartir. Les villageois m’avaient accompagnés au milieu des dunes pendant une éternité. Puis, un à un, ils se lassèrent et repartirent vers leurs compagnes, me laissant seul face au destin. A quoi pouvait bien ressembler une porte donnant sur un autre monde ?

Ici, l’eau n’existe pas mais cela ne manque à personne. Ma gorge est aussi sèche qu’un four réglé au maximum et pourtant, depuis des mois que je suis arrivé, je ne meurs pas. Ce n’est sans compter le soleil qui, ici comme ailleurs, brûle la peau, les jambes, les yeux, la tête. Il rend fou à force de cogner de ses rayons invisibles, mortels. Etais-je mort ? Je l’ai cru un moment. Comment peut-on survivre sans boire ? Dans ce monde, l’eau n’existe pas, et pourtant… j’avais uriné mais rien n’était sorti. Qui est fou ?

Ce n’est qu’à la quatrième lune pleine alors que j’étais sur le point d’abandonner ma vie aux grains minuscules que je la vis. Elle s’appelait Norah. Elle était belle. Elle était nue. Elle marchait devant moi, toujours à bonne distance. Je la désirais. Je me relevais chaque fois pour la suivre, oubliant mes idées morbides l’espace d’un instant. Etait-elle la porte ? Ses cheveux noirs ébène me laissaient croire qu’elle venait plutôt de la région. Elle me montrait le chemin, je le sentais.
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Depuis qu’elle marchait devant moi, le ciel n’était plus le même. Une peur indicible m’avait envahit, au début, devant ces formations impossibles mais familières. Norah était le fil qui me reliait à mon propre monde car là haut, tout en haut, il y avait de l’eau, des nuages. Voilà ce qui avait changé. J’étais à mi-chemin dans un lieu n’existant nulle part. J’étais entre un point A et un point B mais personne ne pouvait me voir.

Norah, je ne pensais plus qu’à elle. J’étais si près de la toucher, par moment. Je continuais à marcher, inexorablement, tel un pantin sans vie. La distance se réduisait. Elle me souriait, voyant mes efforts pour la rejoindre. Vivait-elle entre les deux mondes, éternellement jeune et belle ? De quoi se nourrissait-elle ? Ses courbes sensuelles étaient bien réelles, ondulantes comme les dunes brûlantes. Elles m'envahissaient lentement jusqu’à réveiller des ardeurs sexuelles ensablées par le temps et mon célibat imposé. Aucune des villageoises n’avait osée se donner à l’étranger de la prophétie. J’étais un héros attendu depuis des générations et rien, rien sur le plan sexuel.

Quelque chose ne tournait pas rond dans mon corps. Je souffrais d’une sensation terrible et étrange, rien que je ne puisse me souvenir. Je me sentais vaciller, au bord de la perte de connaissance. Un voile noir assombrit les dunes devant moi. Mes jambes m’abandonnèrent. Je frappai le sol violemment. Le choc sur ma tête fut amorti par les milliards de petits grains. Se pouvait-il qu’ils préfèrent me tuer à petit feu pour me sauver ainsi de la mort ?

Norah s’approcha de moi, pour la première fois. Elle s’agenouilla près de mon visage et l’enfoui entre ses cuisses au goût sauvage. Mes lèvres sèches furent plaquées contre les siennes humides, celles de son sexe. Ma langue gonflée par l’inanition retrouva une sensation vieille comme le monde : de l’eau, je sentais de l’eau. Je léchais le sexe de la jeune femme, m’abreuvant sans plus finir. Les petites perles du liquide sensuel explosaient dans ma bouche, dans ma gorge. Norah me sauvait la vie et m’excitait au plus haut point.

Je me redressai, enfouissant mon visage dans sa poitrine, léchant ses tétons goulûment. Une autre soif s’emparait de moi. Je ne saurais y résister. Norah continuait de me sourire. Elle ne disait rien. J’avais ses seins entre mes mains. Je les caressais, les palpais, les pétrissais. Elle semblait apprécier mon désir empressé. Depuis combien de temps était-elle seule perdue entre ces deux mondes ?

« La gardienne est Norah. L’étranger devra la suivre et l’aimer. Ainsi sera la grande récompense. »

- Je suis Norah, avait-elle dit. Tu dois m’aimer, étranger.

Ses fesses que je parcourais de mes mains m’inspiraient volupté et tendresses. Son ventre accueillant m’appelait de ses mouvements lascifs. Ses cuisses semblaient taillées pour les joies de l’amour. Norah était la Femme, le désir incarné. Elle aurait pu s’appeler Eve mais par malchance, l’arche de Norah s’était échouée sur le sable. Je la pénétrais de ma queue frustrée par tant d’envies depuis des semaines. Je m’enfonçai dans les charmes inconnus de la jeune femme. Norah s’abandonnait à mes assauts furieux jusqu’à me faire gémir d’un plaisir sans précédent. J’étais encore en elle et continuais mes va-et-vient jusqu’à ce que ma queue ramollisse. Je ne voulais plus quitter le corps de cette princesse du désert. Et pourtant, il le faut…
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Au dessus de moi, les nuages s’amoncellent. Je ne suis plus très loin de mon monde. Je dois poursuivre ma route. Norah se coucha sur le ventre, se maintenant par les coudes, serrant les cuisses, emprisonnant mon bonheur en elle comme pour le garder toujours. Je fis quelques pas en avant. Je savais qu’elle me suivrait, malgré son air devenu triste. Elle seule connaissait la route. Plus que cela, elle était le chemin. Il me tardait de la suivre.

La nuit tombait quasiment. Un flot de couleur, sorti tout droit de la palette d’un peintre cosmique, bardait le ciel, lui donnant une connotation étrange, impossible. J’avais déjà entendu parler de ces fameuses aurores boréales dont le spectacle était, parait-il, fascinant. Ici, les couleurs étaient magnifiques mais restaient figées, accrochées à la toile du ciel. Norah avait repris la route devant moi, à quelques mètres seulement. Elle savait que son déhanchement, ses fesses, me turlupinait sérieusement. Comment se faisait-il qu’elle soit nue, sous le soleil terrifiant ?

Au loin, j’entendis le bruit de l’océan. Je n’en crus pas mes oreilles. L’océan : de l’eau à profusion, des milliards de litres d’eau. J’entendais le ressac. Peut-être derrière cette dune, ou bien la prochaine ? Je courus de joie, dépassant Norah largement. Elle sourit devant mon enthousiasme, elle qui devait connaître cet endroit depuis des milliards de lunes. Je grimpais quatre à quatre en haut de la dune qui me séparait de cet océan magnifique que mes oreilles me dépeignaient. Norah eut de la peine à me suivre. Comme elle était belle…

Des myriades de reflets rouges, violets et bleus apparurent à mes yeux transportés. L’eau était là, devant moi, jusqu’à l’horizon. Je savais que c’était la preuve que mon monde existait et que je le rejoignais. Je n’étais pas fou. Je n’avais pas rêvé. Toutes ces légendes, ces prophéties, ces bizarreries allaient prendre fin ici, avec le désert sans eau. J’allais pouvoir rentrer chez moi et y rester à jamais. J’allais pouvoir retrouver mes amis, ma famille, mon chat.

Un banc de sable se sépara de la dune sur laquelle nous dominions l’océan. Norah et moi, nous dévalâmes la pente malgré nous, tourneboulant sans heurts. Je me retrouvais ensablé entre ses bras, au pied de l’eau. Ses cheveux ébouriffés me fouettaient le visage, tandis que les vagues mourraient à nos chevilles. Elle souriait mais pleurait en même temps. Norah sentait qu’elle allait me perdre. Je me redressai, lui caressai le visage, l’embrassant longuement, la serrant très fort contre mon torse. Je la connaissais si peu et pourtant je l’aimais, comme l’avait prédit la prophétie. Elle m’avait attendu pendant tant d’années. Quelle plus belle preuve d’amour pouvait-il exister ?

Après plusieurs minutes, Norah se dégagea de mon étreinte. Elle marcha longuement le long de la plage salée. Je la suivis en respectant son silence, marchant dans ses pas mouillés, précautionneusement. Son dos, si sensuel. Sa chute de reins, encore et encore. Elle foulait le sol comme s’il était son royaume. L’entre deux mondes était son royaume. Elle s’arrêta quand une masse de rocher apparut à ses pieds. Ils n’étaient pas là l’instant d’avant. J’aurais pu le jurer. Ils traçaient un chemin au milieu des vagues comme une digue s’éloignant dans l’eau, sans que je puisse en distinguer le bout. Norah se tourna vers moi. Sa façon de m’implorer du regard m’indiquait que la route était finie, qu’elle n’irait pas plus loin.
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Je la pris dans mes bras, couvrant son cou de baisers chauds comme le soleil du désert qui pourtant n’était plus qu’un vague souvenir, la nuit tombant. Norah pleurait sa tristesse avec l’eau rendue possible. Je lui léchais la joue, puis je redescendis sur sa poitrine, fière et arrogante. Je voulais l’aimer une dernière fois, comme un pied de nez à la prophétie. Ma bouche avide de son corps gracieux s’ingénia à lui procurer toute sorte de plaisir tout en se repaissant de son désir humide. Norah poussa de longs soupirs quand ma langue pénétra son sexe comme une lance de douceur. Elle se cambra instinctivement avant d’éloigner ma tête de son antre brûlante, juste à temps pour ne pas défaillir.

Dans la pénombre, elle se laissa tomber à genoux et prit mon sexe dressé dans sa bouche. Ses cheveux s’activaient dans le noir me procurant un intense plaisir. Norah n’était plus que sensations tactiles, mes yeux étant devenus inutiles. Je la caressais sur les épaules, goûtant ses mouvements de bouches jusqu’à jouir comme jamais je ne l’avais fait avec une femme. Mes profonds râles de plaisir lui donnèrent satisfaction.

- A présent, va, dans ton monde… Norah t’attendra pour toujours.

Je fis quelques pas, titubant sur le sable, encore sous le coup de l’orgasme qui m’avait secoué. Dans le noir, j’eus beaucoup de peine à retrouver les rochers. Derrière moi, je ne distinguais plus Norah. Je savais qu’elle était encore là, à pleurer. Je fis d’autres pas sur les pierres, avançant au dessus de l’eau dont le clapotis si proche m’effrayait. Continuerait-elle d’exister, dans cet ailleurs impossible, une fois rentré chez moi ? Le temps serait-il le même ? Je faillis glisser dans l’océan. Je redoublais de prudence, marchant à tâtons. « Norah » criai-je ! Je ne veux pas rentrer chez moi. « Norah » hurlai-je !

Il était trop tard, j’étais seul et perdu au milieu de l’eau. Je ne pouvais plus revenir vers ce qui n’existait plus. Je n’avais plus que le choix d’avancer encore et encore. Un pas devant l’autre, prudemment, dans le noir, comme un aveugle, au rythme du temps. Marcher, marcher et marcher, inexorablement, comme un automate, pendant des heures. Lever le pied, l’abaisser, tâter pour ne pas glisser, lever l’autre pied, l’abaisser, jusqu’à ce que la nuit finisse et qu’il soit l’heure… de rentrer… chez moi… et d'oublier Norah.




© Crédit photo - Marc Duval


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