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Les âmes perdues


par Mercurien



Le jour était bien avancé sur le bord du lac auprès duquel je me tenais, contemplatif d'un monde en retrait du monde, à l'écart de tout. Le paysage m'était inconnu, pourtant, un je ne sais quoi m'avait appelé comme attiré en ce lieu pour une raison inexplicable. Je me sentais détendu en cet endroit que je foulais pour la première fois. L'herbe drue parsemait son parfum verdoyant. Les arbres reposés dominaient de sérénité la sagesse du lac. Le ciel était bleu sans nuage sans soleil, sans oiseau, dans un décors sans bruit, tout droit sorti d'une image que l'on aurait pu entrevoir dans un magasine de photos découvertes. Pourtant, ce paysage presque irréel s'étalait devant moi qui assis attendait sans mesurer les secondes défiler, sans autre forme de pensées que le bien-être de me trouver ici, en ce lieu, à ce moment.

Elle arriva sans bruit et s'assit comme moi dans la contemplation de l'instant. Un instant qui venait de la faire apparaître comme sortie de nulle part. Pourtant, elle était là . Elle portait une robe blanche et des cheveux d'or bouclés qui reposaient sur ses épaules. Elle n'avait rien de particulier et pourtant elle avait tout. Elle était tout simplement belle, d'une beauté indescriptible que l'amour ne peut conter tant les mots ternissent la réalité. Un visage fin sur une silhouette fine elle n'avait pourtant rien de fragile. Elle était femme tout simplement, une femme aux pieds nus que l'herbe semblait masser révérencieusement.

Nos regards se croisèrent à son étonnement, et à mon étonnement, elle vint s'assoire près de moi.

- Je ne vous ai jamais vu par ici. Me dit-elle derrière des yeux d'un vert qui semblait aussi profond que le lac lui-même.
- Je ne sais comment j'ai fait pour arriver ici. Lui répondis-je sans faillir à son regard pénétrant.
- Oui je comprends, je suis venue la première fois sans savoir comment non plus et maintenant je reviens à l'occasion respirer la sérénité ambiante. Ce disant, elle balayait du regard le lac et sa rive opposée à une centaine de mètres à peine.

Oui la sérénité était omniprésente, en chaque brin d'herbe autour de nous, en chaque feuilles sur les arbres, dans l'eau, dans le ponton tout vermoulu à quelques pas de nous, dans le ciel sans nuage, dans l'air que nul bruit venait déranger, dans sa présence à mes côtés.

Les mots qui habituellement prenaient des tournures différentes en d'autres circonstances se pâmaient d'un sens nouveau en ce lieu. Je n'avais nulle pensée, j'éprouvais la quiétude d'un nouveau né bercé dans les bras de sa mère. J'étais bien et ce sentiment de bien-être se lovait dans la présence de cette douceur que je ressentais précieuse si près de moi. Sans savoir pourquoi, je me savais être en présence de la femme qui ne quitterait plus jamais mon esprit. Cette femme qui n'existe nulle part en dehors que dans nos curs, en dehors que dans nos songes les plus improbables, était pourtant assise près de moi. C'était un sensation indescriptible mélangé à un sentiment de certitude, cette femme était La Femme.

- Je ne vous cherchais pas et pourtant je vous ai trouvé lui dis-je sans la regarder mes pensées perdues dans la rive opposée.
- Je sais me répondait-elle sans rien dire d'autre
- Je vous aime rajoutais-je seulement
- Je le sais aussi car je vous aime aussi

Je ne sais si elle prononça cette dernière phrase mais mon cur l'entendit clairement. Nuls autres mots étaient nécessaires. Nous étions ensemble sans comprendre. Nos pensées s'étaient dévoilées sans retenue devant l'évidence, harmonie dont nous faisions partie. Elle était là pour moi et moi pour elle.

Ma main vint se poser pour la première fois sur la sienne naturellement, comme deux êtres qui se connaissent depuis toujours, et tout aussi naturellement, ses doigts enserrèrent les miens dans une étreinte douceureuse presque reconnaissante. Nos regards se s'étreignirent un moment avant de basculer sur le duvet verdoyant qui nous servait de drap. Allongés l'un contre l'autre nos visages proches l'un de l'autre nous nous observions sans rien dire. Ma main sur son visage effleurait sa peau dans la douceur tandis que mes doigts caressaient la finesse de ses traits. De même sa main posée sur mon visage contournait les miens dans la tendresse. Nos lèvres s'unirent ainsi pour la première fois, une douceur sur une douceur, une tendresse sur une tendresse, l'amour pour l'autre prenait nos vies pour les tisser dans sa toile.

Nos corps enlacés découvraient la nature de nos âmes qui surgissait de la profondeur de nos êtres. Magnificence contre magnificence la découverte de l'autre prenait un sens dans l'amour qui nous unissait. Son corps dénudé n'était que résurgence de l'être qui sommeillait et qui maintenant s'épanouissait contre le mien. Âme contre âme nous jouissions de l'amour dans l'embellissement de l'autre un temps non mesurable, jusqu'à nous reposer, enlacés, reposés, aimés et aimants. Nous avions fait l'amour.

Le ciel s'était paré d'un voile de couleurs orangées. La nuit allait bientôt nous couvrir. Et tandis que l'obscurité prenait place, son visage s'estompait dans la pénombre. Je gravais son visage dans ma mémoire car peu à peu la sérénité des lieux nous abandonnait. Ce faisant, il me semblait perdre quelque chose sans savoir quoi précisément. Ce n'est qu'à la dernière lueur couchante que je comprenais l'inconcevable réalité : j'étais entrain de me réveiller. Tout ceci n'était qu'un rêve, un rêve dont on ne veut pas voir la fin.

Comme pour ne pas la perdre je tendais une dernière fois mes bras vers elle. Nos corps d'eux-mêmes s'estompaient dans le brouillard des songes.

Le rêve s'est dissipé depuis longtemps maintenant. Il ne m'en reste qu'un souvenir, une image furtive, une impression irréelle qui quelque part m'amène pourtant à une certitude : elle existe. Nous savons que jamais plus nous nous rencontrerons car je ne sais comment revenir en cet endroit de plénitude où je la sais m'attendre. Le soir parfois je m'endors dans l'espoir pour me réveiller le matin dans le désespoir. Il ne me reste que l'improbable pour la retrouver au détour d'un autre chemin mais j'ai peur de ne pas la reconnaître, comme jai peur qu'elle ne me reconnaisse pas





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