Sublum : histoires erotiques ou de science-fiction
histoires érotiques
histoires erotiques


tchat rencontre


Réelle Virtualité


par Cinéquanone



La puissance des mots, les envolées lyriques, les orgasmes littéraires, la jouissance de bout de phrase autant d'expériences qui ne me sont que trop familières. Assise devant mon écran, j'ai passé de nombreuses soirées à m'oublier dans de folles conversations électroniques qui tournent autour du sexe sans en avoir les charnelles émotions. Je l'ai fait si souvent avant toi et puis j'ai cessé pour toi aussi. Mais ce soir, il me faut ma dose, ma ligne, mon shoot. J'ai l'impression de retomber aux enfers, de me damner pour l'éternité. Pour l'adrénaline et l'excitation qui me pousse et m'entraîne, je serais prête à plus, à beaucoup plus, tu l'as compris, tu m'as soutenu, suivi et accompagné.

J'allume l’ordinateur, il s'ouvre doucement, lentement même, alors j'en profite pour aller chercher un verre de lait et un gâteau sec. Je grignote et les fenêtres s'ouvrent les unes derrière les autres. 5 minutes, 10 minutes, 1 heure il est trop tôt pour rencontrer quelqu'un de compatible avec mon humeur. En attendant de meilleurs contacts, je m'amuse en salon. Il n'y a personne qui ne me reconnaisse, cela fait trop longtemps que je suis partie. Je trouve tout de même le moyen de m'immiscer dans les conversations et le temps court rapidement en discutant de tout et de rien, d'idioties ou de débats plus sérieux.

Les messages privés commencent à s'accumuler mais pour l'instant rien ne m'a accroché. Je n'ai pas encore trouvé l'oiseau rare. L'homme (ou la femme) qui soit suffisamment excité pour jouir d'un contact aussi ténu mais gardant suffisamment de respect pour ne pas tomber dans une vulgarité offensante. Certains sont têtus mais à défaut de rencontrer un clavier adéquat, je leur fais brutalement savoir qu'ils ne m'intéressent pas.

Tiens un nouveau nom s'affiche dans mes contacts "CenAmour", c'est original ! Voyons voir ce que l'on pourra en tirer. Les premiers échanges sont d'un banal affligeant mais il est rare qu'il en soit autrement. Imperceptiblement pourtant, le ton glisse passant du courtois au charmant puis du charmant à l'envoûtant avant de devenir séducteur. Je tiens ma victime du soir ou mon bourreau qui vivra verra. Il a du répondant, j'aime ça. Ma franchise semble le désarmer un moment mais il se reprend et c'est sans complexe qu'il décide de me suivre dans un jeu où il n'y a ni perdant, ni gagnant. Nos mains se croisent sur le clavier et nous nous immergeons dans un monde fait de mots et de sensations.

Ses mains glissent sur ma peau, comme ses doigts pianotent furieusement sur le clavier. J'en perds la tête et je réponds baiser par baiser, caresse par caresse. Il prend soudain le contrôle et pour ne pas le perdre, j'accepte de m'y soumettre. Sa caresse effleure mon visage et glisse sur les lèvres. Il embrasse mon cou, me grignote le lobe de mon oreille. Ses mains sur mes cheveux m'attirent puis me repoussent pour mieux m'offrir à sa bouche gourmande. Enfin, il m'embrasse de toute son âme et la salive envahit ma gorge en longues inspirations de plaisir. Nous nous regardons au fond des yeux persuadés que le meilleur est à venir. Sans me lâcher du regard, ses mains, encore elles, glissent vers d'autres lieux. Le barrage de ma nuisette n'est que pure vétille sous la chaleur de ses paumes. Le tissu se froisse sous les caresses et remonte sur mes cuisses, sur mon ventre pour offrir à mon amant virtuel le frisson de ma peau découverte. Mes seins se tendent vers d'autres sensations et je me brûle au feu de sa volubilité.

"Effleurer", "mordiller", "sucer", "empaumer", "caresser", "masser", "mordre", "lécher", "sentir", "frotter", "pincer" les verbes me tuent, les sensations m'aliènent. Virtuellement, sa bouche se joint enfin à ses diablesses de mains et j'aspire à toutes les caresses qu'elle saura me prodiguer.

Mon string est humide de désir. Je le lui avoue sans fausse pudeur. Il m’ordonne de l'enlever et de le rejeter telle ma nuisette quelques minutes auparavant. Je suis nue et je m'offre à un homme que je ne connais pas.

Ses lèvres ont trouvé le chemin de mon ventre et joue délicatement avec mon intimité. Ses mains se crispent sur mes hanches et il me fait basculer pour pouvoir boire à la fontaine de miel. Sa langue titille et parce que plus rien ne compte mes doigts miment le chemin que son esprit a pour moi. Le bouton de plaisir est tendu, arqué, offert. Chaque effleurement me rend folle et la liqueur sucrée s'échappe de mon corps pour aller humidifier la raie de mes fesses largement découvertes. Il est à la fois doux et exigent. Sa bouche ne suffit plus et ce sont des doigts impudents qui entrent en moi pour me mener au bord du précipice. Il empaume mes fesses et les masse avant de plonger un autre doigt en moi. Seule sur ma chaise, je me tortille et gémis de plaisir incontrôlé.


Si je n'y mettais pas fin, j'atteindrais l'orgasme ainsi mais je ne le veux point.

"Suffit !, tu as été assez loin, c'est à moi de te rendre la pareille".

Il s'incline sous ma volonté et prends place dans le fauteuil de cuir de notre songe éveillé. C'est alors à mes mains et à mon corps de lui faire payer les souffrances de bonheur qu'ils ont enduré. Ma main glisse le défaisant comme par magie de son tee-shirt et de son jean déjà trop serré. Il est nu, il est sans défense. Je le lèche, je le dévore, je le mords pour mieux le consoler d'un baiser ensuite. Je descends doucement et sa respiration fait preuve de toute la tension qui s'accumule. Il suffoque mais résiste à mes assauts répétés. J'ai envie de le voir me supplier de lui offrir plus que cela et il ne lui faut pas 2 secondes pour répondre à mes exigences.

Suppliques, prières, il plie et s'abaisse pour que je l'achève. J'en ai trop envie moi-même. Et me voici repartie. Mes doigts courent sur le clavier et c'est sa virilité que j'aspire à sentir vibrer sous ma caresse. Je bois mon verre de lait mais c'est le goût de sa peau et celui de sa sève qui reste sur ma langue. J'exauce chacun de ses désirs. Cette fellation est sa chose, son ordre, sa volonté. Ma gorge le prend, l'absorbe et le rejette. Mes mains l'agacent et le frôlent sans discontinuer.

"Je n'en peux plus, je n'en peux plus, je vais venir" m'écrit-il. Mais je le lui interdis et je repars dans un va et vient buccale infernal.

"Sens-tu la profondeur de ma gorge ?"
"Aimes-tu la célérité de ma langue ?"
"Apprécies-tu la douceur de mes lèvres ?"
"Peux-tu sentir la pression de mes doigts sur le frein de ta verge dressée ?"

Autant de questions, autant de râles de plaisir. Il m'obéit au doigt et à la langue. Je suis si fière de ce pouvoir que j'en retrouve le chemin de ma propre jouissance.


Je suis aux anges, mes cheveux glissent dans mon dos tandis que je lève un regard énamouré vers lui. A ses pieds, l'objet de mon plus haut désir en main, je suis à la fois et maîtresse et esclave. Je sais qu'il faut mettre fin au calvaire. Nous avons déjà trop joué, il faut boire à la source que nous avons creusée.


Alors lentement,


Je tape mon dernier message


Je me lève


Je sors de ma chambre


J'entre dans le salon.


Tu me tournes le dos, tu scrutes fiévreusement l'écran muet, tu attends une réponse qui ne viendra pas de là.

Mes mains me brûlent de te toucher et de mettre fin au tourment qui pulse entre mes cuisses. Doucement, comme l'on prend un oiseau dans ces mains pour ne pas l'effrayer, je glisse ma main contre ta nuque. Je te prends enfin dans mes bras et d'un seul murmure t'emmène loin, très loin des jeux virtuels au pays du plaisir charnel.



Visitez le Blog de Cinéquanone.



Laissez vos impressions à l'auteur : Cinéquanone



tchat rencontre



Retour vers les histoires erotiques



© 2005-2008 sublum.com | Tous droits réservés | Plan du site | Contact