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Sorcellerie


par Cinéquanone



Elle s'était couchée tardivement, rejoignant son époux endormit depuis longtemps. Un ronflement doux indiquait un sommeil tranquille et une minute, elle l'envia d'être aussi calme.

Elle perdait le sommeil depuis plusieurs semaines déjà, se réfugiant dans l'éveil pour échapper à ses rêves. Non ! Elle ne faisait pas de cauchemars à proprement parler, mais la nature de ses songes la troublait au point de lui ôter tout envie d'y céder. Elle ne voulait plus se réveiller avec le sentiment d'avoir été une autre et toutes ses images folles qui lui vrillaient les tempes.

Durant les premiers temps, elle avait tenté d'ignorer le phénomène mais très rapidement, elle s'était surprise à prétexter 2 ou 3 petites choses à ranger, trier, classer ou terminer pour retarder l'heure d'aller se coucher. Conciliant, son mari lui souriait, l'embrassait tendrement en lui disant de ne pas trop tarder et partait vers leur chambre.

Durant quelques temps encore, elle l'avait parfois suivi, répondant à la chaude promesse de son regard. Avec fièvre, ils prenaient le temps d'un câlin brusque et charnel avant de se laisser glisser dans le sommeil. Mais c'était toujours pire ces nuits là, ses rêves prenant une importance délirante. Effrayée, terrifiée, honteuse, elle en était presque à devenir frigide et refusait presque tout contact à son époux.

Alors il la regardait désormais avec inquiétude et frustration avant de la quitter brusquement sans un mot, sans un regard. Sauf les jours où la frustration devenait trop grande et où il l'agressait violemment en exigent de comprendre pourquoi elle le fuyait, pourquoi elle ne parlait pas, pourquoi elle lui faisait ça. Les disputes s'enchaînaient avec régularité. Elle savait bien que tout était de sa faute mais inconsciemment, elle lui en voulait aussi de ne pas deviner ce qu'il ne pouvait pas comprendre. Illogisme ? Oui ! Mais elle ne se sentait la force d'aucun autre appel au secours, d'aucune explication.

Enfin, elle se glissa entre les draps en prenant soin de rester loin de son corps brûlant. Elle avait froid, elle avait mal mais la fatigue finalement l'emporta.

Dans le ciel, la lune glissait dans son froid linceul de lumière blafarde. Un bruissement de feuilles ébranla les arbres devant le coquet pavillon. Comme chaque nuit, elle se matérialisa d'abord sur le balcon puis devant la fenêtre qui s'ouvrit sans bruit ni souffle. Elle entra dans la chambre des amants déchirés et admira les corps abandonnés sur le lit défait.

Sa victime avait encore du résister car les draps emportés par ses soubresauts étaient froissés en bout de lit. Rien ne couvrait plus les chairs frissonnantes alors pour qu'ils ne s'éveillent pas, elle augmenta la température du lieu. Les bruits de la nuit ne parvenaient pas plus que le froid à pénétrer le lieu. Lentement, leurs deux respirations reprirent en rythme régulier, elle s'approcha.

La longue silhouette féline et cramoisie apparue dans le miroir de la coiffeuse. De longs cheveux noirs comme la nuit encadrait son visage d'une beauté rare. Ses yeux bleu sombre auraient semblé noirs sans les rayons de lune. Sa peau perlée se marquait des pétales rouge sang de ses lèvres pulpeuses. Un menton fin marquait l'arrondi délicat du visage que soutenait sa nuque d'une incroyable finesse. Le reste était noyé dans les plis d'une lourde cape de velours bordeaux attachée au devant par une broche d'argent au motif compliqué.

Portant sa main sur la jeune femme endormie, l'étrangère se mit à sourire.

"Viens à moi, humaine ! Laisse Mirella la Sorcière te prendre dans ses rêves et accepte l'honneur de me servir"

Le murmure était quasiment inaudible mais la victime réagit aussitôt, son souffle s'accélérant progressivement, ses mains s'agitant fébrilement, son corps s'arquant jusqu'à l'ouverture de ses yeux. Elle était ni éveillée, ni endormie mais sous le charme puissant de la démone, qui se penchant déposa un baiser sur les lèvres closes.


A l'instant où les bouches s'unirent, les 2 femmes se fondirent en un seul être. La cape pourpre révéla bientôt le corps parfait de l'humaine ajusté à la tête troublante de la sorcière. Femme fatale à peine couverte de velours, elle pris son envol pour atterrir quelques mètres plus bas sur la pelouse et sous la lueur dorée des étoiles.

Dans un rire, elle se mit à tourbillonner sur elle-même. La lune à présent pleine et dégagée enluminait la scène dans un silence absolu. Les animaux de la nuit avaient cessé leurs jeux, leurs courses et leur quête de nourriture et observaient le tourbillon de sang qui semblait ne jamais devoir cesser. Enfin, elle stoppa et son image commença à s'éclaircir peu à peu jusqu'à ce qu'elle soit si trouble qu'elle disparut à la vue de tous. Chacun repris alors sa place dans les scènes nocturnes et le jardin ne garda aucune trace du sortilège.

Mirella chevauchait à présent son rayon de lune, l'enveloppe humaine avait finalement accepté l'enchantement et unie à elle, l'humaine voyageait en toute quiétude vers le rameau des sorcières. Il lui avait fallu plusieurs semaines pour pénétrer l'esprit et le convaincre d'accepter l'union de leurs âmes. Comme le lierre s'enroule autour de l'arbre sain, Mirella avait contaminé le corps offert et l'avait soumis à ses désirs. Cette année, enfin, elle pourrait devenir Brigit par le corps et terminer son cycle de vie.

Elle se posa sur la clairière dans une envolée de velours alors qu'apparaissaient autour d'elle les autres dames du cercle. Celles qui étaient en dualité rejoignaient alors le cercle des pierres sacrées. Les autres formaient la chaîne qui bientôt scellerait l'endroit. Sous la lune, les yeux des heureuses brillaient de joie, les autres d'envie et de respect.

Enfin, ce fut terminé. L'absence de quelques-unes une fut honorée par un respectueux silence. Il arrivait encore, hélas, qu'une des leur périsse. La chaîne se ferma isolant la clairière du monde. Dana la plus ancienne des sorcières du cercle pénétra l'arc avec un sourire radieux à la vue des 4 dualités rassemblées. C'était bien plus que les années précédentes. Les équinoxes ne voyaient presque plus d'union car les humains avaient trop rejeté le monde des mystères pour s'unir encore à la vieille magie. Elle fut d'autant plus heureuse que Mirella avait réussi, elle ne partirait donc pas sans voir son arrière arrière petite fille donner la vie.

Les chants et les incantations résonnèrent dans le vent. Les fumées et les brumes recouvrir le sol. Les rayons de la lune prirent des teintes orangées. Puis des claquements sonores retentirent sur l'autel de pierre. 10 silhouettes noires se détachèrent sur le gris pâle du schiste. Ils avancèrent sous la lumière et Mirella pu les voir pour la première fois de sa vie.

Dix Oenghus lui faisaient face dans toute leur splendeur. Les 3 à sa gauche, athlétiques et blonds, ne lui firent pas battre le cur malgré leur grande beauté. Quatre autres ne lui semblèrent pas non plus avoir la valeur requise. Il en restait trois dont un complètement occulté par l'ombre du plus grand des Oenghus. Deux sorcières avaient choisi leur compagnon et sous les frondaisons des arbres s'en étaient allés. Un troisième choix eu lieu et Mirella restait seule face aux hommes impassibles. Elle devait choisir sinon elle perdrait à jamais le droit d'être dans le cercle. Paniquée, Mirella laissait son regard courir parmi eux sans parvenir à se décider. Le temps s'écoulait impitoyablement.

Enfin, le plus grand des Oenghus se décala sur la droite et elle l'aperçut. La beauté sombre de l'homme était magnifiée par l'encre noire de ses yeux. Son visage, taillé à la serpe, dénotait puissance et fermeté. Son corps était l'uvre du démon pour tenter les plus saintes, viril, mâle, sensuel. Le cur de Mirella calme jusque-là fut soudainement pris de folie. Quand leurs yeux s'affrontèrent, les autres Oenghus disparurent aussitôt, nul mot n'était nécessaire pour savoir que le choix était fait. Tétanisée, elle ne bougeait plus et c'est le souffle coupé qu'elle le regarda l'approcher fièrement. La prenant par la main, il ne la conduisit pas à l'abri de la lune mais au centre même du cercle sur la pierre des vierges.

Avec tendresse, des lèvres vinrent sceller les siennes et des mains prirent possession de son corps offert. Ils furent bientôt fusionnés en une bulle de passion et d'amour. Mirella donnait à son amant toute la fougue de sa jeunesse. Il lui apprenait les caresses et la jouissance, maîtrisait son impatience et l'ouvrait à tous les plaisirs. Seconde après seconde, ils apprivoisèrent la chair et composèrent la mélodie du désir comblé. Enfin, les loups hurlèrent et la vie s'écoula d'un corps vers l'autre. Ils avaient jouis ensemble dans la communion et l'extase.



Au petit matin, elle se réveilla collée contre son mari. Quelques images de ses rêves lui revinrent à l'esprit mais ils ne la torturaient plus. Se coulant au plus près du corps chaud et lové, elle entreprit de l'éveiller de la plus charmante des manières.



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